Plaidoirie célèbre d’avocat : Robert Badinter

Si Robert Badinter est devenu très célèbre, c’est parce qu’il a osé demander solennellement l’abolition de la peine de mort en France. Une courte vidéo YouTube de 6 minutes a présenté sa plaidoirie, un enregistrement intitulé : « J’ai l’honneur de demander l’abolition de la peine de mort en France ».
La proposition du projet de loi sur l’abolition de la peine de mort
« J’ai l’honneur de demander à l’Assemblée Nationale l’abolition de la peine de mort en France » : cette phrase a été prononcée par la garde des sceaux Robert Badinter afin de dévoiler clairement ce qu’il pense de la peine de mort. En fait, cette annonce fut faite dans l’après-midi du 17 septembre 1981 et elle a engendré de nombreux débats, puis une prise de décision.
Le discours enflammé de plus de deux heures réalisés par l’avocat Robert Badinter a entraîné l’adoption d’un projet de loi dès le lendemain, avec 363 voix contre 11 sur 486 votants. Vers la fin du mois de septembre, les sénateurs ont adopté le projet de loi en termes identiques avec 160 voix contre 126 sur 287 votants. D’où la promulgation de la loi n°81-908 portant abolition de la peine de mort le 9 octobre 1981.

Quelques extraits du fameux discours de Robert Badinter

Pour soulever quelques extraits de ce fameux discours de Robert Badinter entré dans l’histoire, il y a lieu de commencer par les phrases : « La peine de mort est contraire à ce que l’humanité, depuis 2000 ans, a pensé de plus haut et rêvé de plus noble. Elle est contraire à la foi, à l’esprit du christianisme et à l’esprit de la révolution ».
Robert Badinter a également déclaré : « Le pays en connaissance de cause savait qu’il approuvait un programme législatif dans lequel se trouvait inscrit au premier rang des obligations morales : l’abolition de la peine de mort… Le premier devoir de l’élu est le respect de l’engagement pris avec ceux qui l’ont choisi. C’est cette démarche-là, de respect du suffrage universel et de la démocratie qui sera la vôtre ».
Le discours de Robert Badinter comprenait aussi des messages du genre : « Il n’a jamais, jamais été établi une corrélation quelconque entre la présence ou l’absence de la peine de mort dans une législation pénale et la courbe de la criminalité sanglante. Seul pour la peine de mort, on invente l’idée que la peur de la mort retient l’homme dans ses passions extrêmes. Ce n’est pas exact ! ».
Enfin, il y a lieu de terminer par les explications suivantes : « Ceux qui veulent d’une justice qui tue, ceux-là sont animés par une double conviction : la première est qu’il existe des hommes totalement coupables, c’est-à-dire des hommes totalement responsables de leurs actes, et la deuxième c’est qu’il peut y avoir une justice sûre de son infaillibilité au point de dire que celui-là peut vivre et que celui-là doit mourir … Il n’est point d’homme en cette terre dont la culpabilité est totale … »

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