Annecy 2022 – WIP “La plus précieuse des marchandises” : “Le trajet du film, …

Date de publication : 18/06/2022 – 08:30

Le premier long métrage d’animation de Michel Hazanavicius, dont le tournage aura lieu à l’automne prochain, se dévoilait hier matin lors d’un WIP qui a détaillé les ambitions du projet.

Initié il y a trois ans et demi, et suspendu le temps de la pandémie de Covid-19, le projet La plus précieuse des marchandises de Michel Hazanavicius s’est longuement dévoilé hier matin à l’occasion d’un WIP très attendu, où quelques images exclusives ont été projetées. Le film sera tourné à l’automne prochain, et les producteurs cherchent encore des talents chez les animateurs. “Nous en sommes au storyboard, le tournage aura lieu cet automne, le film devrait être prêt pour 2024, a expliqué Christophe Jankovic, producteur exécutif pour 3.0 Studio. Ce sont Patrick Sobelman et Florence Gastaud qui ont initié le projet. C’est un film important pour nous, comme on les aime, avec un travail mémoriel. Nous espérons susciter des vocations chez des animateurs et animatrices, ainsi que pour le layout. D’ailleurs, nous cherchons des talents. Nous avons des studios à Angoulême, Paris et Liège.”

Pour Michel Hazanavicius, le film sera “un conte. L’histoire est celle d’un couple de bûcherons dans une forêt polonaise pendant la Seconde guerre mondiale. La femme récupère un bébé jeté d’un train. Les choses ne vont pas bien se passer avec le mari et avec les locaux. Le film suit les destins de tous ces personnages. Mais c’est avant tout une belle histoire. Le trajet du film c’est d’aller du conte au réel.” Et le réalisateur de poursuivre : “Patrick Sobelman et Studiocanal sont venus me trouver pour le projet. Je m’étais toujours promis de ne jamais réaliser de films sur la Shoah pour des raisons intimes et familiales. Je n’ai pas tout de suite dit oui. Je ne voulais pas qu’il y ait de complaisance à l’égard de ce poison. Mais celui-ci est une nouvelle façon de raconter l’Histoire. Le livre dont le film est tiré a été écrit par Jean-Claude Grumberg qui est un ami de mes parents. Le livre a été traduit dans une vingtaine de langues. Nous l’avons adapté ensemble.”

Interrogé sur l’animation, cette technique qu’il emploiera pour la première fois dans sa carrière, Michel Hazanavicius a précisé : “Je dessine moi-même depuis mes 10 ans. J’ai un rapport au dessin très intime. En commençant à travailler sur le film, j’ai très vite pensé aux premiers Disney, à la peinture russe, aux estampes japonaises. L’idée était d’avoir quelque chose de classique, en se servant de l’univers des contes, qu’il s’agisse d’inclure des éléments tels que le brouillard ou une bougie sur une table. Nous avons pris la décision de tourner avec de vrais acteurs en studio. Le tournage a duré 15 jours. Le découpage, les cadres ont été respectés. Cela me permet d’être précis avec le storyboarder. Le film est déjà dans la bonne longueur. C’est un film en 2D, et ce n’est pas de la rotoscopie.”

La production s’est entourée de Julien Grande, directeur artistique : “Il fallait avoir l’impression que ce livre de contes avait toujours existé. J’ai exploré plein de références, avec le but d’avoir des images qu’on aurait pu voir chez nos grands-parents, ou du moins des images qu’on a toujours vues quelque part.” Marie Bouchet, chef-assistante animatrice, a également rejoint l’aventure : “Les personnages sont assez réalistes avec des détails élevés. En animation, on a tendance à simplifier, mais là, ça nous a poussé à faire des essais, et à explorer.” Enfin, Michel Hazanavicius utilisera l’effet Koulechov qui consiste à faire participer le spectateur grâce à un habile montage de deux plans. “Moins on en montre, mieux l’histoire de raconte,” a-t-il dit. Dans la salle Pierre-Lamy hier matin, au moment de la séance des questions concluant l’intervention de l’équipe, un spectateur a souhaité que “ce film soit le premier film d’animation à gagner une Palme d’or à Cannes”, déclenchant un concert d’applaudissements.

Le projet est porté par Ex Nihilo, La Classe Américaine, Studiocanal, France 3 Cinéma et les Films du Fleuve, ainsi que par le CNC, Eurimages, Canal+, le département de la Charente, la région Nouvelle-Aquitaine, Be TV, la RTBF, la Fédération Wallonie Bruxelles, Claims Conference et la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Vincent Le Leurch

© crédit photo : DR

Article publié par Le Film Français, voir le site

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