Cannes 2022 – Simon Rieth, réalisateur de “Nos cérémonies” : “Un film sur …

Date de publication : 22/05/2022 – 10:12

Présenté dans le cadre de la Semaine de la critique, le film poursuit le travail entamé par le réalisateur dans ses courts métrages précédents.

Comment présentez-vous Nos cérémonies en quelques mots ?
C’est une tragédie, l’histoire d’un amour fraternel très fort entre deux frères et d’un trio amoureux. C’est un film sur la jeunesse mais aussi un film fantastique.

D’où est venue cette idée de film ?
Ça vient de souvenirs personnels, que j’ai vécus avec mon petit frère Hugo, de la ville de Royan où j’ai passé tous les étés de ma vie avec lui chez notre grand-mère pour les vacances.

Vous avez écrit avec Léa Riche… Comment collaborez-vous ensemble ?
J’avais écrit un premier traitement seul puis on a travaillé sur le scénario pendant 1 an et demi. On se connaît bien personnellement et c’est naturellement que je lui ai proposé cette collaboration. Pendant le financement et jusqu’au tournage j’ai ensuite beaucoup réécrit, coupé le scénario, c’est le jeu des commissions et de la réalité de la fabrication.

Un lien entre Nos cérémonies et vos courts métrages précédents ?
Nos Cérémonies est pour moi la prolongation de ce que j’ai fait à travers mes précédents courts métrages, tant sur le plan de la forme que de la narration. Il est traversé par les mêmes désirs de cinéma et les mêmes thèmes à savoir le passage à l’âge adulte, les souvenirs, les fantômes, les monstres, l’enfance…

Comment s’est fait le choix de vos interprètes ? Sur quelle base ? Comment on constitue une fratrie imaginaire ? En partant de quoi ?
J’ai fait le choix de prendre deux vrais frères, ils ont été trouvés en casting sauvage, ils n’avaient jamais joué avant. Je n’aurais jamais réussi à retranscrire cette complicité, cet amour avec deux acteurs simulant cette fraternité.

Comment avez-vous rencontré votre productrice aux Films du Poisson ?
Nous nous sommes rencontrés à une projection de mon premier moyen métrage autoproduit Feu mes frères au festival Côté Court en 2016. Inès Daïen Dasi avait adoré le film et m’a proposé qu’on travaille ensemble. Elle a produit mes courts suivants et 3 ans plus tard c’est elle qui m’a poussé à commencer à écrire un premier long. Nous sommes très proches. Nos Cérémonies a été son premier long métrage en tant que productrice au sein des Films du Poisson.

Où et quand avez-vous tourné ?
Nous avons tourné de mai à juin il y a pile un an, en 2021. La majeure partie du film a été tourné à Royan et ses alentours. Le film avait été écrit pour ces paysages, ces lieux que je connaissais très bien et qui m’ont inspiré, je n’aurais jamais imaginé tourner ailleurs. Nous avons aussi tourné en Pays de la Loire car une partie du film nécessitait une ambiance différente du reste du récit et un lieu particulier : une falaise tombant à pic dans la mer.

Vous avez opéré des choix de mise en scène particuliers ?
J’écris et je pense toujours mes films avec des idées de mise en scène très précises. J’ai travaillé pendant longtemps sur un découpage millimétré. Nous avons fait avec Marine Atlan, la cheffe opératrice, un document en amont du tournage comprenant tous les plans du films, photographiés à la bonne focale et sur les vrais décors avec des doublures. Il y avait une véritable ambition d’image – le film est tourné en scope anamorphique – et de machinerie car il y avait beaucoup de travellings longs et compliqués à mettre en place. Le film est peu découpé et comporte de nombreux plan séquence, c’est un rapport au temps qui m’intéresse et me guide dans la direction des acteurs non professionnels avec qui je travaille.

Le film a été terminé quand ?
Nous avons terminé le film au mois d’avril après presque 9 mois de post-production.

Qu’attendez-vous de cette sélection à la Semaine de la Critique ? C’est un bel écrin pour un film ?
J’étais déjà fier de mon travail mais cette sélection me rend très heureux et me rassure car je sais que le film a été apprécié, qu’il va être vu et que des gens vont en parler. Nos Cérémonies est une proposition singulière et je pense qu’il n’aurait pas pu trouver meilleure place qu’au sein de la compétition de Semaine de la critique.

Recueilli par Patrice Carré

© crédit photo : Xavier Lambours

Article publié par Le Film Français, voir le site

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